Blog

L’influence du français sur le vietnamien

influence francais vietnamien

Les langues sont souvent les témoins privilégiés du melting pot culturel qui façonne un pays. Ainsi, la langue française multiplie les héritages : du latin au grec en passant par l’arabe ou encore l’anglais.

A l’inverse, la langue de Molière a aussi influencé des langues étrangères, cela étant dû notamment au colonialisme français mais pas uniquement. Les échanges culturels laissent des traces et se retrouvent ainsi dans les différentes strates linguistiques de chaque pays.

Le vietnamien n’y fait pas exception. Petit tour d’horizon des influences de la langue française sur le vietnamien !

 

 

Un peu d’histoire

C’est en 1861 que les Français étendent leur empire colonial jusqu’à la Cochinchine. Mais la présence du Français dans cette région d’Asie du sud-est date du XVIIIème siècle, époque des premiers échanges commerciaux répétés entre les deux peuples. Ce sont même les Français qui aident l’empereur Nguyen à unifier le Vietnam, devenant ainsi la première influence européenne de la région, et ce devant le Portugal.

Mais c’est seulement au moment de la conquête du sud de l’actuel Vietnam que l’on impose alors la langue française, langue qui restera dominante sous la colonisation française et ce jusqu’aux Accords de Genève. Dès lors, les jeunes vietnamiens doivent apprendre le Français, qui s’impose à la cour royale aux dépends du chinois et du vietnamien. Les missionnaires installés sur le territoire s’occupent d’ériger des écoles et des institutions chargées de transmettre la culture française au sein des populations. Le Français devint ainsi la langue parlée par les élites vietnamiennes à la fin du XIXème siècle qui constitue sans doute l’apogée de l’influence française sur le Vietnam.

Cette influence commence par décroître pendant la Seconde Guerre Mondiale au moment où émergent des mouvements de protestation se déclarant en faveur de l’indépendance du Vietnam. De nombreux groupes refusent ainsi de parler Français. Leurs actions se poursuivent et ils en viennent rapidement à publier en Vietnamien.

Le Vietnamien fait partie du groupe des langues môn-khmer, d’origine austroasiatique. C’est une langue dite isolante : en effet, tous les mots qu’elle contient restent invariables et ce peu importe la manière dont ils sont utilisés, comme le Chinois. Cette langue est dotée de 6 tons, c’est-à-dire 6 manières distinctes d’accentuer le mot. Particularité qui rend son apprentissage assez difficile pour les francophones qui ne sont pas habitués à ces nuances vocales. Au-delà de cela, ces deux langues continuent d’entretenir des rapports étroits. Ainsi, les siècles d’influence française ont profondément marqué la langue vietnamienne, à tel point que nombre de mots vietnamiens viennent directement du français.

 

Apprendre le vietnamien grâce au français ?

L’installation française en Cochinchine et plus particulièrement au Vietnam s’est accompagnée d’un développement des infrastructures, de l’économie et de l’industrie. Ainsi, les Français qui s’installaient au Vietnam cherchaient à la fois à développer le territoire mais aussi à y implanter leur culture d’origine. L’influence française se retrouve ainsi au travers de certains mots transparents qui témoignent du partage culturel qui a eu lieu entre les deux peuples. Au premier rang de ces échanges : les échanges gastronomiques bien sûr. De nombreuses spécialités ou produits ont ainsi été introduits au Vietnam par les Français et c’est pour cela que l’on retrouve encore bon nombre de mots français ayant fait l’objet d’une sorte de vietnamisation.

Ainsi, le fameux Banh Mi ou encore le Ca Phe ne sont autres choses que le Pain de mie et le Café qu’ont apporté avec eux les Français. La Xuc Xich n’est autre que notre traditionnelle saucisse ! Le phô vietnamien est ainsi une version revisitée de notre célèbre pot-au-feu. Vous pourrez donc tout à fait vous rendre au Vietnam et vous faire comprendre en commandant votre petit déjeuner ou votre dîner ! Les techniques ne sont pas en reste. Ainsi, vous pourrez traverser le Vietnam sur votre mô tô ou confortablement installés dans votre ô tô. Le lexique propre à l’usage du téléphone est aussi d’origine française, ne soyez donc pas surpris d’entendre un Vietnamien dire alô en décrochant son téléphone. Ce sont ainsi tout un ensemble de termes issus de la gastronomie, de la technique ou plus simplement d’objets importés par les Français que l’on retrouve dans la langue vietnamienne et qui vous donneront ainsi l’impression d’une certaine familiarité.

C’est Alexandre de Rhodes, un jésuite avignonnais qui donne au Vietnamien son alphabet, le faisant ainsi passer de sa forme en idéogrammes au Quoc Ngu, qui en est la version romanisée, c’est-à-dire calibrée sur l’alphabet latin. Ainsi, contrairement aux autres langues du continent, le vietnamien présente un atout sérieux pour les Français : il est écrit dans le même alphabet. Si l’accentuation est différente et présente donc toujours une difficulté pour les expatriés venant de l’hexagone, il reste bien plus abordable que d’autres langues comme le japonais ou le chinois.

 

L’avenir du français au Vietnam

Cela dit, l’influence française au Vietnam peine à retrouver sa superbe d’antan. Et pour cause, sur le terrain économique, c’est l’anglais qui a la part belle. Ce que n’a pu que constater Nicole Bricq lors d’une visite à Ho-Chi-Minh en avril 2013. La ministre du Commerce extérieur avait alors émis le souhait de multiplier par deux les parts de marché de nos entreprises au Vietnam. Si l’objectif n’a pas été pleinement atteint, on retrouve une certaine influence du Français au Vietnam, cela dû notamment à l’augmentation du nombre d’expatriés au Vietnam. Ainsi, le terrain économique est un champ de bataille privilégié pour le Français qui doit réussir à se refaire une place au sein de la société vietnamienne.

Mais cette diminution du nombre de francophones au Vietnam est aussi structurelle. Si l’on dénombre seulement 1% de francophones parmi les 90 millions de Vietnamiens, c’est aussi parce que c’est une population très jeune. Or, cette frange de la population n’a jamais connu la colonisation française et en est même très éloignée puisque celle-ci s’est achevée en 1954, date du retrait des troupes françaises. Cela dit, le Français reste une tradition familiale au sein d’un cercle restreint de la population vietnamienne.

Toutefois, le Français est loin d’avoir disparu du Vietnam. Ces dernières années, les demandes d’inscription à des cours de français n’ont pas cessé d’augmenter. Que ce soit pour renouer avec un héritage familial ou en raison d’opportunités professionnelles, le Français conserve une certaine aura au Vietnam où l’on reconnait volontiers que si « l’anglais, c’est mieux pour le côté professionnel, le français c’est mieux pour raconter une histoire ».

Enfin, ce qui laisse bon espoir ce sont les liens que conservent la France et le Vietnam. Ainsi, plus de 6000 étudiants vietnamiens sont inscrits en France, et ce grâce aux coûts bien moindres de l’éducation en France que dans les pays anglo-saxons. Cette tradition d’échange entre les deux pays permet de croire en un renouveau du français au Vietnam, d’où l’émergence d’un français propre aux expatriés qui n’hésitent plus à infuser leur français de termes vietnamiens.

 

Liste de mots transparents français – vietnamien

affiche áp phích
absinthe rượu apxanh
acide axit
aiglefin cá êfin
anis cây anit
antenne an-ten
antenne parabolique anten parabôn
artichaut cây atisô
aspirine atpirin
autobus xe buýt
automobile xe ô tô
balcon ban công
ballet ba lê
ballot (sac à dos) ba-lô
bandeau dải vấn đầu
bébé em bé
beurre
bière bia
billes (jeu) bi
biscuit bánh (bich) quy
biftek bít tết
bombe bom
bougie (de moteur) buji
bouillabaisse món buiabet
boulon bu lông
café cà phê
cantine căng tin
caoutchouc cao su*
caramel (flan) caramen
cardan các đăng
cari ca ri
cas ca
chemise áo sơ mi
carotte cà rốt
chartreuse rượu sactrơ
chocolat sô cô la
ciment xi măng
cinéma xi nê
cirque rạp xiếc
cognac rượu cô nhắc
corset coocxê
coup
condom (capote, caoutchouc) capốt (vulg.), bao cao su*
cravatte cái ca vát, cà vạt
crème glacée kem
cyan xanh **
cyclo xích lô
dâme đầm
dollar đồng đô la
divan ghế đi văng
drap dạ
épinard rau bi na
essence xăng
(faire la) cour Cưa
fermeture éclair phéc-mơ-tuya
film phim
filtre (à café) phin
frein cái phanh
fromage phô mai, phó mát
gâteau bánh ga-tô
gant găng
gare nhà ga
gilet áo gi lê
gin rượu gin
golf gôn
gomme à effacer gôm
gomme arabique gôm A Rập
guidon ghi đông
guitare đàn ghita
homosexuel (pédéraste) pê đê (vulgaire)
jambon giam bông
jeans quần jean
laine len
lynx mèo linh, linh miêu
manteau măng tô
maquereau ma cô (celui qui pratique le maquerellage)
marmotte con macmôt
mayonnaise nước xốt mayonne
médaille mề đay
mère mẹ
morue cá moruy
moutarde mù tạt
niveau (objet) cái nivô
oeuf au plat op la
noeud papillon
olive cây/quả ôliu
orgue đàn ống
pain (avec mie) bánh mì
paletot bành tô
papier fin (pelure) giấy pơluya
pastis (liqueur d’anis) rượu anit
pâté pa tê
pile (électrique) pin
piston pittông
pompe cái bơm
pourboire tiền buột-boa
poupée púp pê, búp bê
pédale pê đan
pénicilline pê ni xi lin
quai kè, kê
radio rađiô
ragoût món ragu
rhum rượu rom
sac Tui xách
salade rau xà lách
club sandwich xăngđuýt
saucisse xúc xích
savane xavan
savon xà phòng, xà bòng
sirop xi rô
soupe xúp
soupe tonkinoise (de pot-au-feu) phở (incertain)
soutien-gorge cái xu chiêng
tape cái tát
tasse cái tách
taxi xe tắc xi
timbre tem
tournevis cái tuanơvit
veston áo vét tông
valse van
valve van
vanne van
vin rượu vang
vis vít
vison chồn vizon
valise cái va li
vodka rượu votca
whiskey rượu uytky
zéro cê-rô, zé ro

 

Sources :

No Comments Yet


Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *